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Menaces internes : les ignorer c’est s’exposer

Face à l’hypermédiatisation des plus grandes menaces informatiques touchant les entreprises au niveau mondial, on peut légitimement penser qu’elles émanent toutes de logiciels de, pointe malveillants ou de hackers commandités par des États. Mais si on pose la question à un professionnel de la sécurité, il répondra que la véritable menace est bien plus proche qu’on ne le pense.

Il y a tout juste quelques mois, Verizon et Bupa – deux marques à la réputation mondiale – ont dû faire face à des fuites de données considérables, affectant des millions de clients. Toutefois, dans les deux cas, l’auteur n’était pas extérieur à l’entreprise, mais bel et bien une ressource localisée en interne, possédant un accès autorisé à des données sensibles. Dans le cas de Bupa, un employé mécontent a délibérément divulgué plus de 500 000 dossiers clients en ligne. Pour Verizon, c’était une simple erreur de configuration d’un collaborateur qui a entraîné l’exposition des informations personnelles de plus de 6 millions de clients.

Les entreprises restent focalisées sur les menaces externes

Le défi des menaces internes réside dans la multiplicité des facettes qui les caractérisent et qui rend toute protection complexe. Les employés en interne, les sous-traitants et autres parties prenantes ont souvent besoin d’accéder à des ressources sensibles pour accomplir leur travail. Il est, de fait, beaucoup plus difficile de se protéger des actes accidentels et malveillants que de mettre ces données en danger. Et même si la menace interne est claire, la majorité des entreprises continuent à la sous-estimer.

Dans une récente enquête menée au salon de la sécurité Security BSides London, 71 % des professionnels de la sécurité ont indiqué considérer que les entreprises devraient s’inquiéter davantage des menaces internes que ce qu’elles ne font actuellement. En outre, 47 % des participants ont été jusqu’à dire que les menaces internes et les utilisateurs non éduqués constituent la menace de sécurité la plus négligée par les entreprises. Près de la moitié des professionnels de la sécurité considèrent que les menaces les plus fortes sont celles provoquées par les États-nations comme la Corée du Nord ou la Russie.

Malgré leurs inquiétudes à l’égard des menaces internes, 92 % des participants reconnaissent que l’industrie dans sa globalité continue de déployer bien plus de ressources pour contrer les menaces externes. Cette approche de type  » château fort » de la cybersécurité prévaut depuis des années, et les fournisseurs proposent de plus en plus de couches de défense du périmètre pour aider à construire des murailles plus hautes et à creuser des douves plus profondes. Mais quelle est l’utilité de ces défenses si la menace est déjà à l’intérieur ?

Dans le cas de l’attaque récente de Verizon, un tiers, qui transférait des données client vers un nouvel espace de stockage Cloud, a commis une erreur de configuration d’accès, ce qui a engendré un accès externe accidentel. Si la menace interne était vue comme un risque réél, elle serait véritablement prise au sérieux. Mais cela ne semble pas être le cas dans la plupart des conseils d’administration. Dans l’enquête Security BSides London, seuls 9 % des interrogés ont indiqué trouver que la direction supérieure de leur entreprise prenait de bonnes décisions pour la stratégie et les dépenses de sécurité.

Menaces internes : comment réduire les risques ?

Comme pour de nombreux problèmes de sécurité, il n’est pas toujours nécessaire d’investir beaucoup pour réduire considérablement la menace. Des investissements stratégiques dans deux domaines essentiels peuvent faire la différence :

1. Éducation et information : le moyen de défense le plus efficace contre les menaces internes accidentelles réside dans une éducation et une information permettant d’éveiller les consciences. La grande majorité des fuites de données accidentelles ont lieu parce que les employés ne sont tout simplement pas conscients des conséquences de leurs actes. Une formation régulière sur la sécurité des données contribue à réduire les cas de négligence et à s’assurer que les employés réfléchissent avant d’agir dès que des données sensibles sont en jeu. Dans cette optique, il est important de fournir des rappels réguliers pour informer les employés des nouvelles procédures ou technologies de données mises en œuvre.

2. Une approche de la sécurité plus centrée sur les données : malheureusement, toutes les menaces internes ne sont pas intentionnelles, comme l’illustre la récente fuite de données de Bupa. Dans ces circonstances, une couche de technologie supplémentaire peut aider à empêcher la fuite de données sensibles. Si l’éducation et l’information ne suffisent pas, les équipes sécurité doivent pouvoir comprendre et visualiser l’utilisation des données, afin de pouvoir repérer rapidement toute activité inhabituelle pouvant indiquer un risque. De plus, des politiques automatiques concernant l’accès aux données, voire qui empêchent les employés de copier, transférer ou supprimer des données sensibles, peuvent aider à contrer les fuites ou actes malvaillants.

Malgré l’accumulation des preuves attestant des risques engendrés par les menaces internes pour les entreprises modernes, les personnes qui décident des dépenses de sécurité restent obstinément focalisées sur les risques externes. Bien que cela représente une source de frustration croissante pour les professionnels de la sécurité, la bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire d’investir des fortunes pour améliorer considérablement la protection contre les menaces internes. Des dépenses stratégiques focalisées sur l’éducation et l’information, combinées à des technologies tenant compte des données, peuvent contribuer à décourager les employés les plus malveillants ou insouciants, et à garantir que les données sensibles n’arrivent jamais entre de mauvaises mains.


*L’enquête, parrainée par Digital Guardian, a collecté les réponses de 187 professionnels de l’industrie de la sécurité travaillant à plein temps qui participaient au salon Security BSides London le 7 juin 2017.

Source:: Global Security Mag

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Trop curieux pour ne pas le faire, trop honnête pour ne pas le dire.